16.12.2008

Démocratie disciplinaire !

Lors de la réforme institutionnelle au mois de juillet, le Président de la République et le gouvernement nous promettaient le renforcement des droits du Parlement. A l’usage, quelques mois plus tard, on s’aperçoit que tout cela n’était qu’écran de fumée.

Dès que le Président de la République se trouve confronté au moindre désaccord de sa majorité, il tempête et fait tout pour faire pression sur les parlementaires ou contourner le Parlement.

Sur l’audiovisuel, la manœuvre est inadmissible. Il revient même à Mr de Carolis et au Conseil d’Administration de France Télévisions de supprimer la publicité à 20 heures. Le Parlement est piétiné et l’avenir de France Télévisions entravé puisqu’elle ne disposera pas, dans ces conditions, de la compensation financière promise par l’Etat !... sauf si les parlementaires bien sûr cèdent au chantage en avalisant le plan élyséen.

Souhaitons simplement que le Conseil d’administration de France Télévisions saura résister au caprice du prince et, dans un sursaut de dignité, lui infligera le camouflet qu’il mérite !

Sur la question du travail le dimanche, la situation est pire car c’est la majorité elle-même qui répugne à mettre le doigt dans l’engrenage de la déstructuration sociale et familiale de notre pays. Jean-François Copé essaye de trouver un compromis. Qu’en sortira-t-il ? Nous n’en savons encore rien. Mais il est clair que là aussi le débat d’idées, le simple rôle délibératif du Parlement, est assimilé par le chef de l’Etat à une offense personnelle.

Cela me rappelle étrangement le Nicolas Sarkozy d’avant élection présidentielle, qui me téléphonait pour m’intimider en m’expliquant, puisque j’osais être en désaccord avec lui, que je l’attaquais personnellement !

Notre pays, qui affronte une crise économique et sociale sans précédent, pourra-t-il encore se payer longtemps le luxe de cette démocratie disciplinaire et vexatoire, où le pouvoir d’un seul tend désormais à la mise au pas des 64 millions d’autres citoyens… pardon, sujets ! ?

 

14.12.2008

Traité de Lisbonne : L'impasse européiste

08.12.2008

Un amendement surréaliste

La crise financière semble faire perdre la tête à ceux qui étaient jusqu’à maintenant les plus raisonnables, comme en témoigne l’amendement surréaliste du sénateur Marini visant à déduire des revenus imposables les plus values de cessions de valeurs mobilières cotées en bourse.

Comment peut-on aussi, au moment où tant de Français perdent leur emploi ou ont du mal à boucler leur fin de mois faire encore payer le contribuable pour une catégorie de Français qui n’est pas le plus à plaindre.

Cette mesure est inacceptable pour 4 raisons :

  • c'est une mesure qui vise à indemniser les pertes de patrimoine, mais qu'en est-il des pertes de revenus que vont subir des centaines de milliers de Français ?
  • on ne cible que les valeurs cotées en bourse, mais qu'en est-il des Français possédant des valeurs mobilières non cotées (part de SA non cotées par exemple, parts de SARL) ? Préfère-t-on, comme toujours, dépenser davantage en faveur des actionnaires du CAC 40 sans aider les PME ?
  • il existe déjà un dispositif permettant de reporter les moins values sur les plus values ultérieures
  • le dispositif vise indistinctement toutes les moins values, qu'elles résultent ou non de comportement spéculatifs (exemple : je préfère vendre des titres pour en racheter d'autres dont la valeur immédiate est sous-estimée par rapport à leurs capitaux propres ou aux dividendes distribués).

La loi sur l’audiovisuel, le travail le dimanche et maintenant un nouveau privilège sur fonds public, on se demande vraiment si la majorité veut mettre les Français dans la rue !

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